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  • : Site comprenant des comptes-rendus de lectures de livres: recueils de poésie, de nouvelles, romans, essais. Et diverses informations sur la vie littéraire.
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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 09:36

Hélène Cadou

Dans la poursuite du dialogue

 

 

Hélène Cadou s’est éteinte le samedi 21 juin, à l’aube de l’été. D’aucuns diront qu’elle a rejoint René-Guy. Elle, y croyait. Nous, nous lui souhaitons. En tous cas, ceux qui l’ont rencontrée, comme j’en ai eu la chance il y a quelques années, ne peuvent oublier son sourire. Ceux qui l’ont lue, ceux qui ont entendu ses poèmes mis en musique et chantés par Martine Caplanne ou Môrice Benin, entre autres, la garderont au cœur.

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« Je me nourris de la lumière / et ne veux plus être pour toi / que ton poids d’ombre sur la terre » écrivait Hélène dans « Le bonheur du jour » , recueil publié en 1956, cinq ans après la mort de René-Guy Cadou, son jeune époux emporté à 31 ans par la maladie.
Hélène, l’inspiratrice d’ « Hélène ou le règne végétal » a tellement défendu et porté la poésie de son mari en poursuivant dans la sérénité le dialogue avec son amour qu’on en oublie trop souvent son œuvre. Elle est pourtant belle, dense, et jamais aussi profonde que dans la simplicité dans laquelle elle s’épanouit le plus souvent.

 

 

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 16:48

Pierre Autin-Grenier nous a quittés

  Je le savais malade, mais comme toujours la mort malgré tout nous surprend quand elle survient… C’est en Algérie que j’ai reçu le message de François de Cornière : Pierre Autin-Grenier venait de nous quitter, ce samedi 12 avril au matin, à Lyon et au terme d’une longue lutte contre le cancer.
Pierre était un ami de très longue date, rencontré grâce à Henri Heurtebise qui le publia le premier. Nous nous retrouvions ici ou là, à Toulouse ou à Carpentras, à Caen aussi, pour les Rencontres pour lire, à Montauban, ou à Lauzerte sur la place aux nouvelles… Le chablis animait souvent nos conversations, et je lisais bien sûr tous ses livres. On trouvera ici de nombreuses critiques, que j’ai signées, mais aussi des articles de Jacques Morin, Georges Cathalo et quelques autres parmi ses nombreux admirateurs.

 

                          Lire ici

 

La crémation aura lieu à Lyon ce jJeudi à 14h30. Qu’Aline veuille bien trouver ici l’expression de notre affection attristée.

Autin-Grenier est un styliste. Le poète de « Jours anciens », d’« Histoires secrètes » , le nouvelliste de « L’Ange au gilet rouge », depuis longtemps glissait vers le récit. Son entrée chez Gallimard (L’Arpenteur) n’a fait que confirmer cette tendance avec la publication en 1993 de « Je ne suis pas un héros », puis d’une suite de textes brefs, « Toute une vie bien ratée » (1997), de « L’éternité est inutile » (2002), etc. Tout le charme de son écriture, qui fait du désespoir existentiel son carburant et de l’ironie son arme défensive, est celui d’un pince-sans-rire jouant de la dérision comme d’un révélateur, pour nous donner des nouvelles du temps qu’il fait dans nos têtes et nos vies. Jubilatoire à force de noirceurs, ce chantre de la paresse et du farniente sous le crachin, ce « petit poète blanc qui aurait préféré être un grand nègre » nourrit ainsi paradoxalement la révolte de son lecteur contre tout ce qui a « un chiffon effiloché dans la tête et rien d’autre pour rêver ».

 

 

 

 

 


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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 16:17


 

Bruno Ruiz

Un poète chez lui dans tous les registres

Je ne sais s’il peut mieux faire, mais certainement pas plus large ! Le « poète de music hall » propose un nouveau spectacle qui lui permet de jouer de toutes les facettes de son amour des textes, de la poésie, de la chanson, de l’humour et… des planches !

Bruno-300px.jpg

 

 Bruno Ruiz aime étonner autant qu’émouvoir. Avec son dernier spectacle, « Bruno Ruiz peut mieux faire », donné tous les jours à la Cave poésie de Toulouse (à 19h30) jusqu’au 22 février, il déconcerte même. Pas de musique, pas de pianiste pour accompagner le chanteur, qui d’ailleurs ne chante (presque) pas… En revanche, il cause !

Et c’est l’acteur qui se révèle d’emblée, avec cette entrée faussement modeste d’un qui rejoint sa chaise sur la scène en vous racontant sa petite histoire, avec l’accent des brèves de comptoir, de la Ville rose et du quotidien qui ne l’est pas toujours (rose)…
Bref, plus que jamais « poète de music hall », notre Bruno s’affirme artiste de l’oralité en s’assumant dans l’éclectisme. L’autodidacte qu’il est ne se réclame-t-il pas à la fois de Bourvil et de René Char ? Maintenir ensemble le temps d’un spectacle (et d’une vi

e) ces deux manières de faire parler le monde relève de la gageure. Tous les registres de la parole sont donc convoqués, du monologue quasiment inarticulé à la gravité du poème et à la chanson portée a capella, en passant par les jeux de mots, les sketches, la chansonnette, les parodies, les aphorismes, les blagues, les mimiques même… Un grand écart pour ne rien oublier, ou plutôt ne rien renier de ce qui le fait.
On rit beaucoup, bien sûr, mais on chagrine aussi un peu. Les textes qui se succèdent, voire se heurtent, sont de toutes les époques, des paroles de

chansons de ses débuts en 1972, à l’histoire très émouvante, osée tout récemment, des marques noires de chaussures sur le sol laissées par un gosse inhibé car incertain d’avoir sa place quelque part. Bruno se donne rendez-vous avec lui-même en scène. Il se balade sur ses traces, en équilibre sur le fil de ses fidélités, avec pour balancier l’humour et l’émotion, évoquant l’enfance, l’amour, Arcachon ou Toulouse, l’Espagne des républicains de l’exil, la fierté et l’humiliation des pauvres, la parole chaleureuse, le verb

e populaire et la fulgurance du poème.
Certes le poète lyrique tient la bride à la poésie qui ne demanderait qu’à se déployer sur quelque mélodie porteuse, mais c’est pour mieux trouver le chemin du plus grand langage, celui qui ne renie rien de ce qui vous tient debout, du rire aux larmes.

Michel Baglin

Du 11 au 22 février du mardi au samedi 19h30 sauf les jeudis 21h

. Tarifs : 12 / 10 / 8 euros.

 

 

 

 

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 16:22

 

André Hardellet

ou les envoûtements du temps

 

Disparu en 1974, André Hardellet, le poète des vieux quartiers de Paris, des bords de Marne et de Seine, de la mélancolie douce et des vertiges du temps, le poète qui n’a jamais voulu croire que les paradis sont irrémédiablement perdus, est une des figures les plus attachantes de la poésie contemporaine, aujourd’hui vénéré par nombre d’écrivains. Gallimard réédite peu à peu des livres devenus parfois introuvables.

Je reprends ci-dessous deux articles que j’avais publiés dans « La Dépêche du Midi », le premier le 11 octobre 1998, le second le le 19 septembre 1999.

 

DoisneauHardellet-300px.jpgCet amoureux des bords de Marne, des ruelles perdues, des champs de course, des femmes et des bistrots portait la nostalgie avec pudeur, gouaille et sourire narquois, façon Brassens. Il se voulait réaliste et l’était en effet, à la manière d’un Mac Orlan ou d’un Carco, mais avec toujours le merveilleux à portée de plume.
Car Hardellet, qu’il vagabonde dans les vieux quartiers de Paris ou sur les quais, n’est pas seulement le « guetteur invisible » qui se nourrit de la poésie des rues (« spectateur de qualité qui aiguise son regard à la pointe du vocabulaire », disait Hubert Juin), il est aussi en quête d’une autre réalité, toute proche et comme parallèle à la nôtre, où les êtres et les choses se survivraient.

 

« La Cité Montgol » 

 

Comme Breton, il cherche « l’or du temps » à travers des personnages (ceux de ses poèmes comme de ses romans) se consacrant à prendre en défaut la réalité ordinaire. Chez ce brouilleur de pistes, il est toujours des sentiers de traverse qui conduisent, par surprise, de l’autre côté du miroir. Ou dans la mystérieuse Cité Montgol, cette ville fantôme dans la ville elle-même, qu’on découvre un jour fortuitement, dont le souv enir vous poursuit, et qu’on peut passer sa vie à tenter de retrouver.

cite-mongol.jpgLes patries clandestines d’Hardellet sont bien sûr les nôtres. Elles ont des couleurs d’enfance (d’« écolier du jeudi ») et d’amours de banlieue, des parfums de guinguettes et de jardins extraordinaires, le visage des êtres qui ne veulent pas mourir. Avec cette mélancolie douce que leur confère une temporalité bien particulière, quand tout semble embué par la distance, car chez Hardellet « tout se rejoint dans le futur antérieur ».
Ceux qui ne connaissent d’André Hardellet que Bal chez Temporel mis en musique par Guy Beart (poème « Le Tremblay » tiré de « La Cité Mongol » ) peuvent connaître le plaisir d’une découverte, les autres de retrouvailles grâce à la réédition par Gallimard dans sa fameuse collection Poésie, de trois de ses recueils : « La Cité Montgol » (1952), « Le Luisant et la Sorgue » (1954) et « Le Sommeil » (1960). Cette réédition a le mérite de proposer plusieurs facettes du poète-marcheur. On y déambule avec le piéton des rues, mais on découvre aussi l’amoureux des champs, le peintre rustique : « Rien qu’une guêpe bourdonnant, dehors, autour d’un cruchon. Et, avec ce faible bruit, c’est l’Été qui entre dans la cuisine et caresse une botte d’oignons pendue à un clou. »
Le quatrain versifié y côtoie le poème en prose. On s’amuse avec le portraitiste dont la fantaisie invente des métiers et campe de fiers artisans : charmeur d’orages, chercheur d’échos, chef des baisers, semeur de bruits ou poseur de grillons... Vous y attend tout l’art et le charme d’un poète qui n’a jamais voulu croire que les paradis sont irrémédiablement perdus. Ni que l’ombre vaut moins que la proie.

« Une halte dans la durée » par Guy Darol

  André Hardellet est poète jusque dans sa prose et dans ses lettres. Poète pour fervents en même temps que poète populaire, tant son écriture est à la fois limpide et simple et met en jeu toute une attitude poétique (de refus des cloisonnements et des réductions, notamment) devant le monde et la vie. Guy Béart contribua à le faire connaître avec Bal chez Temporel. Un juge fit aussi parler de lui et se ridiculisa en condamnant « Lourdes, lentes » ... Mais les amateurs n’ignorent rien du « Seuil du jardin » , du « Parc des Archers » , de « Donnez-moi le temps » ou de « Lady Long Solo » . darol_hardellet.jpg
Guy Darol lui a consacré à son tour un essai au Castor astral, intitulé « André Hardellet, une halte dans la durée » (une première édition était sous-titrée « Le don de double vie »). Avec son visage à mi chemin entre Prévert et Brassens, Hardellet était un disciple de Fargue par son goût de l’errance au hasard des rues, et de Nerval par son sens de l’invisible qui nous côtoie. On représente souvent Hardellet en flâneur des ruelles et des bords de Marne, en amateur de guinguettes et de champs de course, livré aux envoûtements du temps et tout habité d’une terrible nostalgie. L’image n’est pas fausse, mais réductrice. Guy Darol s’attache, lui, à révéler chez ce visiteur de la « cinémathèque du temps » le chercheur de « l’ailleurs ici-bas », pour qui la marche était un moyen de trouver des failles dans les apparences d’une durée linéaire, des passerelles entre hier et aujourd’hui, voire demain.
Comme Breton, comme Proust, Hardellet est fasciné par le hasard qui veut que le passé empiète parfois sur le présent et ressuscite, dans sa totalité, tout un monde au cœur d’instants fugitifs. Pour lui, le temps est circulaire et l’imaginaire n’est pas déconnecté du réel mais le prolonge. Sa marche et son écriture veulent accéder au seuil des possibles, et travaillent à provoquer des réminiscences, à traquer ce point nodal où par la grâce des images affectives et justes, le temps et l’espace se mettent un instant à obéir au désir, où « toujours » se substitue à « jamais plus ». Ce monde sans séparation est une quête – Hardellet prenait soin de se dire « auteur de fictions » – que reprend à son compte avec beaucoup de passion et d’empathie Guy Darol, en même temps qu’il ressuscite une des figures les plus attachantes de la poésie contemporaine.

Michel Baglin

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 12:49

Yves Rouquette

« La faim, seule », un choix de poèmes

Né à Sète et vivants aujourd’hui aux limites de l’Aveyron et de l’Hérault, Yves Rouquette (en occitan Ives Roqueta), qui fut un militant du mouvement politique et culturel occitan, et professeur de Lettres à Béziers, est un écrivain d’expression occitane et française. Depuis « l’Écrivain public » paru en 1958, on lui doit de nombreux recueils de poésie, mais aussi des contes, des nouvelles, des pièces, des essais et des chroniques.
« Pas que la fam » (« la faim, seule ») parue en 2009 à Letras d’oc, est une anthologie personnelle, bilingue, un choix de poèmes effectué par l’auteur à travers ses 50 années de poésie occitane.

 

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Marie Rouanet, Yves Rouquette, Jacques Ibanès (qui a créé un récital autour d’Yves), et Michel Baglin à "La Serre".

 

Les livres d’Yves Rouquette (en occitan Ives Roqueta) ne sont pas toujours, hélas, disponibles (tel est le cas, par exemple, du magnifique « Le fils du père » que j’ai pu trouver d’occasion sur le web et que Loubatières serait bien inspiré de rééditer !). C’est pourquoi l’une de ses dernières publications, « Pas que la fam » (« La faim, seule ») qui est un choix de poèmes effectué par l’auteur à travers ses 50 années de poésie occitane, est à ne pas rater ! L’auteur de « La messe pour les cochons » y donne à lire, en occitan et dans des traductions effectuées par lui-même, ou parfois par son épouse Marie Rouanet, ou encore par F-J. Temple, un large éventail de sa poésie, depuis son premier recueil, « L’escrivèire public » (« L’écrivain public ») paru en 1958.

Poésie élémentaire

Son préfacier, Joan Eygun, en ouverture à ces 170 pages, parle à juste titre, non de poésie paysanne, mais de « poésie élémentaire ». Elle en a en effet la force, l’impudeur, parfois la violence et puise sans pathos à tous les thèmes fondamentaux de la condition humaine et de la vie tout court. Yves Rouquette le proclame : « Lexique aussi bien que syntaxe / nous viennent du foirail / de la vie aux champs, du café, / de la table et du lit, / des plus ordinaires des jours, / mais c’est grâce quand ils irradient. » Le vers râpeux et vigoureux sait en effet « aller au monde aiguiser notre faim / d’absolu / dans le trivial ou la beauté ». Les poèmes sont tableaux, odes, célébrations ou contes, tout pétris de cruauté et de pitié pour les vivants douloureux, de piété aussi, dans une foi sans doute pas très orthodoxe, mais fervente, avec un Christ plutôt anar, un Christ qu’on force aujourd’hui à rire jusqu’aux oreilles à coups de rasoir…
Oui, les poèmes racontent de petites histoires, une scène d’hospice, un four qu’on rebâtit tout en consolidant sa langue, une fille qui frotte une pomme et la jette aux rats qui attendent « pour se rendre maitres de tout », ou cette autre belle qui sert l’eau de vie le jour de battage et allume les yeux des hommes... Oui, « c’est toujours / la même innocence, / toujours la même cruauté / qui d’un bout de la chaîne à l’autre / font exister tout ce qui vit. » Oui, les poèmes sont un chant qui décline « les chaudes raisons de s’accrocher à la terre », la chair qui nous donne « la certitude d’un infini à notre mesure exacte », la femme qui « vous pousse dans le sens de plus de clarté », et il s’agit bien de « traduire tout ça en langage commun qui donne faim et force », il s’agit bien d’user de « la plume pour pioche » pour « arracher à la vie les autres vies qu’il nous fallait / pour ne pas désespérer de la nôtre ».

 

 

Truculent et tonique

Le poème « est un travail » et n’a certes rien d’innocent. Yves Rouquette ne se paie pas de mots ni d’illusions : « Je ne répo

nds de rien. Et pour personne. Nous sommes seuls » affirme-t-il. Mais en dépit de la mort toujours terriblement présente, des « angoisses de l’origine » et des mille autres tourments des vivants, il a le verbe truculent et tonique, rappel ant que « tout, absolument tout, / est d’une indécence totale » et que « nos hymnes les plus désespérés / sont de merci et de louange. »
« Je m’entends cheminer vers le jour », dit-il, ramenant de cette naissance du fond des temps, et de ses pérégrinations, les cailloux du chemin qui le lestent, qui nous lestent. Lui qui a été un des animateurs du mouvement politique et culturel occitan (il a notamment fondé le label Ventadorn ayant permis à la nouvelle chanson occitane de trouver une nouvelle audience), le fait – et ce n’est pas le moindre de ses engagements – dans une belle langue d’Oc que ceux qui ont la chance de l’entendre sauront apprécier, et qui sans doute est consubstantielle à son propos. Ne l’oublions pas, « C’est au pied de la lettre / que nos mots sont à prendre. »

Michel Baglin

 

(  176 pages. 20 €. Édition bilingue Occitan – Français. Les Lettres occitanes - Letras d’òc. (Bt L’Aune 5 rue Pons Capdenier. 31500 Toulouse) letras.doc@wanadoo.fr www.letrasdoc.org

 

 

Yves Rouquette Yves Rouquette (en occitan Ives Roqueta) est né à Sète le 29 février 1936. Son enfance fut aveyronnaise, passée en partie près de Camarès, aux limites de l’Aveyron, du Tarn et de l’Hérault, dans cette maison, « la Serre », qui fut celle de ses aïeuls et où il vit aujourd’hui. Entre temps, c’est à Béziers qu’il a exercé son métier de professeur de lettres. A Béziers dont elle est native, qu’il rencontra aussi celle qui est devenue sa femme, l’écrivain Marie Rouanet.
Marqué par une expérience chrétienne à par la révolte (il a été de bien des luettes sociales, des grèves de Decazeville à la défense des paysans du Larzac), Yves Rouquette est aussi un militant du mouvement politique et culturel occitan. Il est le fondateur de la revue Viure (1965-1973) et du Comité occitan d’études et d’act ion. Il fut un des principaux animateurs du mouvement « Volèm viure al païs » et est à l’origine de la maison de disques Ventadorn (1969), qui a lancé la nouvelle chanson occitane, et du Centre international de documentation occitane (1974), à Béziers (aujourd’hui Centre interrégional de développement de l’occitan).
Son itinéraire poétique a débuté avec « l’Écrivain public », en 1958. Et s’est poursuivi avec « le Mal de la terre » (1960), « l’Ode à Saint Afrodise » (1968), « Messe pour les cochons » (1970).
En prose, il est l’auteur de « la Patience » (1962), « Le poète est une vache » (1967), « Made in France » (1970), « le Travail des main »s (1977), « Le fils du père » (1993), etc. Il est l’auteur de contes pour enfants, pièces de théâtre, essais, et est également chroniqueur, notamment à « La Dépêche du Midi"
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  • Un double hommage a été rendu à marie et à Yves avec une exposition au Musée des Beaux-arts de Béziers, du 28 mai au 15 septembre 2013

 

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:08

Jean-Pierre Lemaire : lectures deLEMAIRE-Jean-Pierre-ph-J.Pol-Stercq.jpg

« Faire place » et de  

 L’Intérieur du monde »

 

Il voulait être musicien, il est devenu poète. Philippe Jaccottet a évoqué à son propos une voix « miraculeusement accordée au monde simple, proche et difficile dont elle parle et qu’elle essaie calmement, patiemment de rendre encore une fois un peu plus poreux à la lumière ».

Né en 1948, Jean-Pierre Lemaire a produit une œuvre habitée par la foi où l’écriture est perpétuelle interrogation d’un mystère, de l’existence, de la mort, du « relais » que prennent les générations pour s’étonner de vivre.

Son dernier recueil s'intitule « Faire place » (Gallimard).Tout commence dans ce livreavec le soleil qui se lève et s’élève tandis que le cœur reste obscur, et par l’évocation de villes italiennes. Pour se poursuivre par des interrogations, des évocations de figures chrétiennes ou de nouveaux venus, dans une sorte d’ascension dans la lumière.

Le mécréant que je suis ne saurait mesurer toute l’implication religieuse de ces pages, mais je sais pour avoir souvent discuté avec lui que l’auteur donne la signification la plus large, la plus ouverte et généreuse, à ces évocations et à sa foi.

Je sais surtout que sa poésie attentive au quotidien des hommes sait y débusquer avec simplicité les « mystères lumineux » qui ré-enchantent le monde.
J'ai également relu son recueil « L’Intérieur du monde » (Cheyne éd.)
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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 16:41

 

« Par la fontaine de ma bouche »
& « La robe froissée »Maram-500px.jpg

 

Poète syrienn, Maram al-Masri vit à Paris depuis de nombreuses années et se consacre à l’écriture, à la poésie et à la traduction.

Parmi ses dernières publications, une anthologie qu’elle a composée, traduite et présentée, « Femmes poètes du monde arabe » (Le temps des cerises, 2012) et deux recueils parus chez Bruno Doucey, « Par la fontaine de ma bouche » et « La robe froissée »

Elle est une des voix les plus fortes et lyriques de la poésie arabe contemporaine et est traduite en de nombreuses langues


 

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 00:00

Bernard Mazo nous a quittés ce samedi

Une voix vive, un poète, un ami

Sa femme Muriel vient de m’annoncer le décès subit de Bernard Mazo, survenu hier samedi 7 juillet, à Gassin où il séjournait comme chaque été. Il a succombé à un arrêt cardiaque, apparemment sans souffrances. Il avait 73 ans.

 

 

Je suis encore sous le coup de l’émotion, d’autant plus abasourdi par cette nouvelle que nous les attendions, lui et Muriel, à la maison ces jours-ci et que je l’ai eu au téléphone la semaine dernière, en belle forme semblait-il.
Heureux de l’acceptation par les éditions du Seuil de sa biographie de Jean Sénac, il se faisait une joie de participer à la fin de ce mois au Festival des Voix vives de la Méditerranée à Sète, dont il était un des plus fidèles animateurs, et d’y retrouver tous ses nombreux amis.

Le tragique et l’appétit de vivre

Bernard Mazo est né le 13 avril 1939 à Paris, où il vivait. Poète, il a publié une dizaine de recueils et reçu le prix Max Jacob pour « La cendre des jours » . Son dernier recueil, « Dans l’insomnie de la mémoire » , a paru chez Voix d’encre l’an dernier. Il a connu la guerre d’Algérie. « J’ai eu vingt ans dans les Aurès, où je suis resté cloué, triste rêveur éveillé, vingt-sept mois durant », confie-t-il, ajoutant : « sans la poésie et la lecture des poètes, sans la chaleur partagée de leur parole, sans doute aurais-je sombré dans le désespoir ». L’épreuve l’aura en tout cas suffisamment marqué pour en faire un anticolonialiste convaincu et pour que l’exil devienne un de ses thèmes majeurs,
Ses thèmes – la dépossession de soi par le temps, l’étrangeté du monde, etc. revenaient plus épurés que jamais dans chacun de ses recueils. Ils sont toujours confrontation au silence. Silence de l’âge venu et des pages tournées dans « l’obscure rumeur du temps », hébétude lorsqu’on se penche sur « cette vie qui nous appartient si peu ». Sans oublier cette sorte de silence qui tient à « ce vide douloureux entre les choses et ce qui les nomme ». Car l’adéquation des mots et des choses n’est pas plus acquise que celle de soi et du monde dans l’œuvre de Bernard Mazo. C’est que « le poème ne peut se fonder que sur ce qui est condamné à mourir » et que la conscience tragique et douloureuse de la finitude est la source même de sa poésie.
Bernard Mazo n’en était pas moins en prise avec le réel, l’autre, l’amour, et sa poésie témoigne aussi de son appétit de vivre. « On n’est pas quitte avec la vie en l’éludant. / On est quitte avec la vie en l’épuisant », prétendait-il.
La revue Phoenix (qui a succédé à Sud et Autre Sud) lui a consacré un dossier dans sa troisième livraison, en 2011.

Critique et animateur

Fin connaisseur de la poésie contemporaine, Bernard était aussi critique pour de nombreuses revues et fut codirecteur durant neuf ans d’Aujourd’hui poème. Certains de ses articles et études ont été réunis en volumes et une biographie de Jean Sénac est en préparation au Seuil (il me disait récemment avoir terminé la correction des épreuves).
Secrétaire général du Prix Apollinaire, membre de l’Académie Mallarmé et du Pen-Club français, Bernard Mazo animait de nombreuses rencontres, débats, assurant avec générosité présentations des auteurs et lectures. Il était aussi, bien sûr, un collaborateur régulier de revue-texture.fr auquel il a donné de nombreux articles.
Mais c’était, avant tout, un ami. Fidèle, chaleureux, qu’on repérait de loin à son chapeau et à sa manière de porter souvent une double paire de lunettes et sur le nez et sur le front… Bon vivant, il nous réjouissait tous par sa présence, ses plaisanteries, sa faconde, qui n’ont pas fini de terriblement nous manquer.

Michel Baglin

 

 

Son portrait ici

Sur son dernier recueil

Ses chroniques répertoriées

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 19:49

Jean Digot: Une œuvre d’homme et de poèteDIGOT-Jen-en-1988.jpg

 

 

Alors que l’on célèbre le centenaire de la naissance de Jean Digot, je voulais rendre hommage au poète, auteur de « Le feu et l’ombre » ou de « Vérité du silence », à l’éditeur, au créateur des Journées de poésie de Rodez, et bien sûr à l’homme chaleureux qu’il était.

 

Voir le dossier ici

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 18:23

Un « Petit livre d’impatience »PERROY-Bernard-vignette.jpg

 

On rencontre chez Bernard Perroy, poète et frère consacré, le « débordement de vie » qui mérite louange, mais aussi « lot d’incomplétude » qui est celui de tout vivant.

Un beau « mélange d’entente et de revers, d’angoisse et d’étonnements ». Comme dans son « Petit livre d’impatience » qui vient de paraître.

 

Lire ici

 


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