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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 14:43

Thierry Jonquet :

« La Bête et la Belle »

Sous ce titre évoquant un conte, Thierry Jonquet, cet auteur de polar décédé en août 2009, dont l’œuvre est aujourd’hui à juste titre largement reconnue et auquel le Festival Toulouse Polar du Sud rendra hommage en octobre, offrait en 1985 un roman noir de très belle facture. Il n’avait alors encore publié que  quelques romans, « Mémoire en cage », « Le bal des débris » et « Mygale » , mais quelle maîtrise dans la manière de raconter !
Mêlant les points de vue de ses divers personnages (l’enquêteur Gabelou, l’Emmerdeur, le Coupable, le Visiteur, le Gamin, la Vieille, le Commis-Boucher, la garce et surtout ce Vieux Léon dont la véritable identité constitue la surprise finale), Thierry Jonquet nous embarque dans une histoire de meurtres camouflés en suicides ou en accidents. On comprend très vite qu’il n’en est rien, à l’instar de Gabelou dont l’enquête piétine cependant. Pour le lecteur, c’est le monologue intérieur (notamment à travers la confession que l’assassin confie jour après jour à un dictaphone) qui est le vrai mode de dévoilement.
Passablement dérangé, le Coupable vit (presque) seul au milieu des ordures qu’il entasse dans son appartement au point de ne plus avoir de place pour dormir. Il a la passion des trains miniatures et une femme qui le trompe. Mais aussi un confident, le vieux Léon, qui sait tout et ne dira pourtant rien au commissaire, parce qu’il a enfin trouvé un copain, un vrai…
Jeu de mensonges, de fabulation, d’évitement de la réalité, cet envoutant bouquin, très réaliste, est aussi un reflet de la terrible solitude des êtres, dont beaucoup sont des éclopés de la société. La critique sociale et l’histoire y sont moins présentes que dans d’autres de ses romans, comme « Les Orpailleurs » par exemple, mais le charme de la narration et le talent de Thierry Jonquet jouant avec la compréhension et les intuitions de son lecteur, sont très opérants.

(Folio policier n° 106 158 pages.)

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Published by Baglin Michel - dans CRITIQUES
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