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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 00:00

Roald Dahl : «  Kiss kiss » & « La Grande Entourloupe »

Je ne connaissais pas Roald Dahl, auteur anglais né en 1916 et mort en 1990, jusqu’à ce qu’un ami, constatant que j’aimais et écrivais des histoires à l’humour noir, ne m’offre trois recueils de nouvelles de cet auteur qui publia pour la jeunesse comme pour les adultes et assura même le scénario d’un James Bond (pilote de guerre, il fut l’ami de Ian Fleming). Il était persuadé que j’apprécierais.

 

Ces histoires souvent macabres sont en effet racontées avec une ironie à la fois amusante et cruelle. Tel est le cas avec « Kiss kiss » (Folio n° 1029), un recueil de onze nouvelles paru en 1960. On y découvre une logeuse très affable qui semble bien finalement naturaliser les animaux et les hôtes qu’elle héberge et apprécie, on y fait la connaissance d’une veuve qui entrevoit avec jubilation comment tenir sa vengeance post-mortem sur un mari autoritaire, d’une autre épouse qui saisit au vol l’opportunité de se débarrasser d’un mari peu amène, d’un brocanteur qui découvre un meuble rare et use pour tromper les propriétaires d’une ruse qui va se retourner contre lui – chez Roald Dahl , souvent, tel est pris qui croyait prendre, comme cette femme dont le mari cocufié va se jouer.
On y croise bien d’autres personnages encore qui, sous des dehors anodins et conventionnels, cultivent de drôles d’idées et de ressentiments… Du délire d’un vicaire frustré, à la naissance difficile d’un bébé qui, hélas, va survivre (il s’appelle Hitler), l’auteur peut mettre en scène les pires fantasmes, recourir pour cela au fantastique (la nouvelle, « Cochon » en fournit un exemple étonnant), voire au pastiche, et toujours exposer avec une érudition discrète un thème donné (ici le braconnage, ailleurs la chirurgie du cerveau, la musique, l’apiculture, etc.). Et presque toujours ménager des chutes surprenantes.
Roald Dahl aime que ses personnages maltraités prennent leur revanche sur leurs tortionnaires. De même, il se délecte à se moquer de la fatuité des mâles trop sûrs d’eux-mêmes, notamment dans cet autre recueil de nouvelles plus longues, et qui toutes parlent de la chair avec une élégance et un tact british « La Grande Entourloupe » (Folio 1520), où les séducteurs finissent par pâtir de leur conquête.
Chez Roald Dahl, les dialogues sont vraisemblables, les atmosphères bien rendues, les détails pertinents et la narration pleine d’invention. Et l’humour sous-jacent ne fait qu’ajouter au plaisir de la lecture. Mon ami avait donc raison et me voilà convaincu d’aimer un nouvel auteur !

 


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Published by Baglin Michel - dans CRITIQUES
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