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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 16:39

Pierre Autin-Grenier :

« C’est tous les jours comme ça »

C’est bien Autin-Grenier, le poète et le styliste de la forme brève, qui nous revient avec ce recueil de 47 récits publié par l’éditeur Bordelais Finitude. Le drapeau noir flotte sur le petit monde que constitue l’immeuble d’Anthelme Bonnard, qui nous raconte moult péripéties et anecdotes, avec souvent une colère rentrée et toujours beaucoup d’extravagance et de fantaisie dans sa chronique du quotidien naufragé. Car si Autin-Grenier s’autorise toutes les fantaisies, si l’on continue à croiser dans ses pages des montreurs de dentelles et autres petits vendeurs d’orgasmes au porte-à-porte, si l’on s’y penche sur le yo-yo du cours du concombre au palais Brongniard, ses inventions les plus farfelues en somme sont la belle politesse qu’il emploie pour faire passer ce foutu monde – presque déjà le nôtre – qu’il dépeint. Un monde où l’on est abruti par l’hymne au travail et les interdits, un monde où la sous-secrétaire d’Etat en charge des activités culturelles et de loisirs déclare vouloir « aller buter les déviants jusque dans les chiottes »…
Voilà de l’Autin-Grenier de la meilleure veine. Qui dit des choses graves en se jouant, distille la révolte sous la pirouette. Qui sait illustrer un constat (« Misère des temps que d’ingurgiter sans méfiance toutes ces petites saletés à la mode dont les gros margoulins de la publicité nous font l’article toute la sainte journée ») en l’incarnant dans le cas de Lucette qu’on opère : « Prévert lui-même n’en reviendrait pas de ce qu’on a pu trouver là-dedans ! Des civelles, des grondins gris, une moitié de murènes, des raies bouclées ; en pagaille d’autres poissons morts et mal digérés, une forte concentration de mercure en supplément… » j’en passe et des meilleurs, dont un crabe, évidemment.
Voilà le style du bonhomme. Mais bien sûr, un livre d’Autin-Grenier ne se raconte pas, il faut aller s’y perdre et s’y retrouver. Avec, quand même, la note musicale de l’espoir qui chante à la fin : « c’est le combat vers la légèreté et la lumière qui continue ». .. Peut-être le drapeau noir qui claque dans le vent ? (Finitude éd.160 pages. 15 euros)

et

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Published by Baglin Michel - dans CRITIQUES
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