Michel BaglinPoète, nouvelliste, romancier, critique
Né à Nogent-sur-Marne en 1950, Michel Baglin est arrivé en région toulousaine en 1962. Il vit avec Jacqueline aux portes de Toulouse et « au bord de Garonne ». Après la fac et de nombreux « petits boulots », il publie son premier recueil en 1974.
Depuis, il pratique l'écriture sous différentes formes : journaliste depuis 30 ans, il a publié une vingtaine d'ouvrages : romans, poésie, nouvelles, essais, et a obtenu en 1988, pour Les Mains nues, le prix Max-Pol Fouchet, dont il est membre du jury international depuis 1992.
Romancier (Lignes de fuite et Un sang d’encre), il est aussi l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles (dont Des ombres aux tableaux), de récits (Entre les lignes, à
Il a créé et animé la revue et les éditions Texture de 1980 à 1990.
Il aime la marche, le vagabondage dans les rues, et s'efforce à ce que la vie et l'écriture soient le moins possible dissociées.
- Rien que l'amour,
poésies complètes de Lucien Becker.
Becker, il est vrai, écrivit et publia peu (250 poèmes environ), se moquant d'une quelconque postérité, persuadé d'appartenir à «la catégorie des poètes qui meurent en mourant». Il décida d'ailleurs de se taire la cinquantaine sonnée, n'offrant plus un seul texte malgrè les demandes des éditeurs et revuistes.
Convaincu très tôt qu'il n'y avait rien à attendre de la vie, sinon son terme, Becker a toujours confronté son écriture au néant et à la solitude irrémédiable («Je suis seul derrière mes paroles») et certains titres de ses recueils sont à cet égard éloquents, tel le Monde sans joie ou Rien à vivre. Mais y répondent aussi Plein amour et l'Eté sans fin, car à la mort et à la nuit, Becker opposait comme un rempart le corps brûlant des femmes, la seule véritable lumière de sa poésie. Séducteur et désabusé, au moins quant à la littérature, il cherchera toujours le salut dans l'amour charnel : «Dans une chambre une femme m'attend / dont le corps à vif va s'ouvrir au mien / dans un instant d'une plénitude telle / que rien ne peut la limiter, pas même la mort.»
Poésie noire et lumineuse à la fois, traversée de fortes images empruntées au quotidien mais qui sont éclairées par la sensualité («Dans une chambre respirent les dessous / d'une femme dont le corps est une épée pour le jour. / Dans les étables l'œil bleu du lait / monte jusqu'au bord des seaux pour toucher les mains.»), elle ne bégaye jamais : Becker se réfugia dans le silence quand il crut avoir dit l'essentiel. Sans concession ni tricherie. Cadou disait d'ailleurs de lui : «Becker n'a pas construit son œuvre dans un souci de plaire, mais dans celui de se mériter lui-même.» Son œuvre en tout cas mérite toujours qu'on s'y penche.
Michel Baglin
(
Aucun commentaire pour cet article