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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 11:49

Martine Caplanne : une sensibilité et une voix au service des poètes


Cadou (René-Guy, mais aussi Hélène), Supervielle, Guy d'Arcangues, Yves Heurté, Touzeil et quelques autres... Martine Caplanne depuis des années a mis sa voix, sa création musicale, sa sensibilité et sa générosité au service de la poésie et des poètes.  Voilà qui méritait bien un dossier sur le site de Texture ! Réalisé avec d'autant plus de plaisir que Martine est une amie de longue date et à laquelle j'ai consacré plusieurs articles, partiellement repris dans les lignes ci-dessous.
Ouvrez grand vos oreilles, vous allez entendre la belle voix de Martine Caplanne alliée à celle de poètes contemporains. Veinards !
 


Martine Caplanne a mis en musique plusieurs poètes et, notamment, René-Guy Cadou dont elle est avec Môrice Benin et Gilles Servat une des meilleures interprètes. Elle sert admirablement cette poésie riche d'émotions et d'une angoisse fertile, aux formulations justes et pleines. Elle la sert avec fraternité, cette fidélité inventive qui respecte une voix d'homme en sachant répercuter en nous ses échos.

La chanson dite poétique est parfois ennuyeuse. Rien de tel ici. Martine Caplanne a su trouver des rythmes et des mélodies variées pour mettre en valeur chaque poème par des phrases musicales qui collent au lent cheminement des images de Cadou, à leur forte saveur, au tragique intime qu'elles recèlent.

Mais si elle a su mettre en musique cette poésie avec une évidente connivence pour ce qu'elle cristallise d'expérience humaine, elle sait aussi la mettre en voix et la porter sur scène avec un réel bonheur. Les doigts grattent la guitare, la voix forte, aux inflexions chaudes et sûres, explore le texte comme les chemins du cœur, sans démagogie, avec une sorte d'exactitude qui emporte l'adhésion immédiate de l'auditoire. Question de talent, bien sûr, mais aussi d'authenticité.
Voici trois poèmes de René-Guy Cadou mis en musique et interprètés par Martine:

"Alphabet de la mort"
"Femmes d'Ouessant"
"La fleur rouge"
Avec Jean-Christian Irigoyen et Gérard Luc (accordéon), Christian Laborde (guitare), Dalila Azzouz (voix et choeurs)


Hélène Cadou a salué le travail de Martine Caplanne en écrivant notamment : 
«Martine Caplanne chante René Guy Cadou depuis 1976. En le découvrant, elle a découvert. un frère qu'elle n'aurait pas connu. II lui apporte une parole qui dit la souffrance, l'écorchure, la brisure, la source. Elle lui apporte sa musique, sa voix qui entraîne le poème vers les autres, vers tous ceux qui partagent désormais, un univers poétique au plus près du cœur, au plue près de l'âme, La souffrance mais aussi la joie nourrissent un chant que chacun reçoit avec une émotion qui se propage comme un feu de forêt, bien au-delà du point central, silhouette blonde et fragile de funambule ou de tragédienne qui semble tout droit surgie du mystère de la "Strada"».
Martine a également mis en musique plusieurs poèmes d'Hélène. En voici trois, dans une interprètation il me semble très réussie:

"Il faisait froid comme aujourd'hui"
"Quelque part"
"Certains jours"
Avec Pierre Aparicio et David Usabiaga (guitare), Maïtane Sbastian Andueza (violoncelle)

 



Aller simple

René Guy Cadou est mort il y a eu cinquante ans en 2001. Chaque jour un peu plus depuis, sa place lui est reconnue parmi les poètes majeurs du XXe siècle. Son œuvre est traduite en plusieurs langues, elle est entrée dans les manuels scolaires avec, notamment, Les Fusillés de Châteaubriant.

 Mort à 31 ans, il n'eut pourtant que quelques années pour la composer. Mais ses thèmes - l'amour, la menace de la mort, la célébration du monde - la force de ses images et l'humanité de sa voix ont permis à plusieurs générations de se ressourcer, qui ne trouvaient plus leur pâture dans les derniers avatars du surréalisme, le militantisme d'après-guerre ou, plus tard, la poésie de laboratoire. Cadou reste un solitaire même s'il fonda avec ses amis et à son corps défendant cette  « École de Rochefort » qu'il ne considérait que comme « une cour de récréation ». N'appartenant à aucun courant, il reste heureusement inclassable. Et intimement universel.

C'est à ce poète redécouvert sans cesse que Martine Caplanne rend hommage de longue date. Elle avait mis plusieurs dizaines de ses poèmes en musique, qu'elle interprète d'une voix chaleureuse et passionnée, et enregistré plusieurs disques. Cette fois, pour graver ce CD chez MSI, intitulé Aller simple, elle a opéré une sélection de 22 textes et, surtout, revu complètement les orchestrations. D'autres guitares viennent épauler la sienne, un saxo, un accordéon pour faire résonner les accents pathétiques de certains poèmes, un violon et un violoncelle. Les mélodies servent remarquablement la tonalité des textes, le rythme (lent, jazzy ou latino) épouse avec justesse les inflexions du chant intérieur, et c'est en amie que Martine Caplanne nous emmène dans les arrière-pays de Cadou.

En contrepoint, elle nous propose également trois poèmes d'Hélène (le grand amour de René-Guy, l'inspiratrice d'Hélène ou le règne végétal) qui, de recueil en recueil, poursuit son dialogue avec son compagnon parti en 1951, « jeune, à tout jamais »,  pour Le Grand Voyage.

« Ce sera comme un arrêt brutal du train / A beau milieu de la campagne un jour d'été » : la mort hante les poèmes retenus par Martine Caplanne ; son choix éclaire cependant tout aussi bien les autres visages du poète de Louisfert, sa ferveur amoureuse (« Il arrive qu'on pense à des femmes capables / De vous grandir en un instant, de vous lancer / par-dessus le feston doré des balustrades / Vers un monde de rocs et de vaisseaux hantés. »), son allégeance au « règne végétal », son goût des richesses quotidiennes, ses contradictions d' « Ivrogne de la vie qui conjugue au présent / Le liseron du jour et le fer de la grille ».

Si vous voulez (re)découvrir Cadou, précipitez-vous sur ce CD complété par un livret avec textes et photos. Sans oublier bien sûr les recueils, notamment Poésie la vie entière (Seghers-Laffont). Aller simple, Martine Caplanne chante Cadou. Chez MSI.


Martine chante Guy d'Arcangues

Martine Caplanne, qui avait superbement mis en musique et en voix les poèmes de René-Guy Cadou, récidive avec Guy d'Arcangues, auquel elle consacre un 33 tours.

Beaucoup découvriront grâce  à ce disque un poète qui fut  salué par Supervielle et Pierre  Seghers et dont la vie s'enracine profondément au Pays basque et dans son village d'Arcangues.  Sa poésie est volontiers mélancolique, marquée au fer rouge d'une expérience dramatique : il a d'ailleurs raconté dans un roman « le Silésien»  (Grasset)  sa vie dans les camps nazis où il avait pris la place de son père arrêté par la Gestapo.

Martine Caplanne interprète avec fidélité et chaleur ses poèmes où le Sud, l'amour et le soleil jouent aussi leur partition sensible. De la mélancolie de la « chanson pour l'amie ancienne » (« La mer est grosse de bateaux perdus ») au tragique des « Quatre murs du Hâ » (l'incarcération), de la tendresse d'« Aurélia » à la nostalgie des « Tambours », elle a su trouver les mélodies qui s'accordent à la tonalité des textes, les portent, tandis que sa voix grave, aux riches inflexions, en augmentent encore l'ampleur et la capacité d'émouvoir. Bien des poètes aimeraient être ainsi servis !

 

Plein ciel   

Dans un CD portant le titre de «Plein Ciel», Martine Caplanne, nous propose cette fois de réécouter Jules Supervielle à travers sa voix de servante au grand cœur de la poésie. Onze textes superbement « réveillés » par une interprétation complice et chaleureuse, nuancée, jamais mièvre, où les accents de tendresse, d'humour et de gravité se mêlent pour épouser les inflexions du texte, creuser ses ombres et célébrer ses évidences. Onze mélodies aux rythmes très divers, parfois jazzy («Tapis vert»), qui ne sont pas ornement mais portée, augmentent les résonances intimes des mots, « pour leur faire un peu fête ». La voix de Dalila Azzouz et les arrangements de Christian Laborde servent à leur tour cette interprétation dont l'intelligence éclate dans le douzième titre, dit et non chanté : une lettre de Cadou à Supervielle.

Voilà une excellente occasion de se pencher sur la poésie simple et belle d'un auteur un peu oublié. En équilibre sur la corde sensible, sans la démagogie qui accompagne parfois ce genre d'entreprise, à travers ce qui constitue une lecture (parmi d'autres possibles, bien sûr), tout à fait convaincante.

(«Plein Ciel, Martine Caplanne chante Supervielle». Distribution Média Système international. Labastide-Castel-Amouroux. Baudrin. 47250 Bouglon).
Voici deux poèmes de Jules Supervielle:

"Prophéties"
"Le tapis vert"
Avec Dalila Azzouz (voix et choeurs), Christophe Lesseube (percussions), Christian Laborde (arrangements et guitare),


  

Martine chante Yves Heurté

Il est de bon ton chez certains poètes de dédaigner la chanson. Yves Heurté n'était pas de ceux-là. Il a laissé volontiers Martine Caplanne mettre ses textes en musique et en voix, ce qui nous vaut une cassette légère et fraîche comme une coupe de champagne.

Yves Heurté, vivait à Cierp dans ces Pyrénées qu'il avaient élues, mais parcourait le monde. Grand voyageur sur la terre, ses œuvres sont nourries d'un lyrisme universel. Mais il savait aussi s'arrêter sur une chemise qui sèche dans un pré, un bout de bois rejeté sur la plage, des sons de cloches racontant leurs fables. Et jouer avec les mots, bien sûr. Ce qui fit avec bonheur dans un recueil « Bois de mer », publié aux éditions de l'imprimerie de Cheyne et qu'il destinait aux enfants. Des poèmes pour grandir.

« Grandir en chantant », ajoute Martine Caplanne, qui a donc mis quatorze de ces textes en musique. On la connaît comme interprète de René-Guy Cadou, elle porte également, de sa voix chaude, les poèmes d'auteurs contemporains dans un « Hommage aux vivants », parfaite illustration de ce que peut être une mise en musique intelligente, respectueuse des textes. On la retrouve, cette fois, dans un registre un peu différent, tout imprégné de fantaisie, ce qui n'exclut nullement quelques notes de gravité. Les mélodies sont attachantes et célèbrent, comme ils le méritent, les mots un peu fous d'Yves Heurté. La voix sait leur donner force et sourire, trouver l'accent qui parle immédiatement de poésie à l'oreille du profane. Et l'on envie les enfants qui vont découvrir le pays des mots par ces chemins enchantés. 
« Bois de mer», Martine Caplanne chante Yves Heurté. 50 F, à commander à Martine Caplanne, 16, avenue Carnot, 64200 Biarritz (10 F de port) ou à la FNAC Toulouse.

Voici deux poèmes d'Yves Heurté mis en musique et interprètés par Martine:

"La Chemise"
"La ronde"



Martine chante Michel Baglin

J'ai également la chance d'avoir deux textes mis en musique et chantés par Martine. Pour les écouter, cliquer ici. 

  Discographie de Martine Caplanne


Martine Caplanne chante René Guy Cadou

Le Grand Voyage Martine Caplanne chante Hélène et René Guy Cadou Cassette 1985 (épuisé)

Vincent. 45 tours 1987 (épuisé)

 Les Oiseaux Ronces. Martine Caplanne chante Guy d'Arcangues. 33 tours 1988 (épuisé)

Bois de mer. Martine Caplanne chante Yves Heurté Cassette 1990 (épuisée)

Entrez dans mes poèmes. Cassette Escalasud 1993 (épuisée)

Plein ciel. Martine Caplanne chante Jules Supervielle CD - M.S.I. 1994 (épuisé)

Bois de mer. Martine Caplanne chante Yves Heurté CD - M.S.I 1996 (épuisé)

 Aller simple Martine Caplanne chante CADOU CD - M.S.I. 2000 (disponible)

Livre CD du spectacle "L'Anselme à tous vents" (épuisé) Martine et Métélok

Peuples d'arbres. Martine Caplanne chante Jean-Claude Touzeil CD - MC009 2004 (disponible)

 

Ses spectacles
Martine a chanté partout en France et parfois à l'étranger. Ses poètes de prédilection, Cadou, Supervielle, Heurté, etc. ; mais elle a également monté des spectacle, comme en 1996 un spectacle Lorca, en espagnol, avec un guitariste flamenco, Pascual Gallo et deux comédiennes. En avril 1998, ce fut « Lire et chanter Rainer Maria Rilke » avec une comédienne et un guitariste, David Usabiaga. Depuis avril 1999, avec Métélok, comédien, elle présente un spectacle d'humour mêlant chanson et café-théâtre : "L'Anselme à tous vents", d'après l'œuvre du poète Jean L'Anselme (lire et écouter en cliquant ici).  

En 2002, avec « SalutVictor ! » elle a salué le bicentenaire de la naissance du père Hugo. Elle a également fait appel à Prévert, Queneau, Vian, Desnos, Soupault, etc. pour créer le spectacle « L'humour est un fan de poèmes », autour de l'humour des poètes, avec les guitaristes Albert Eyheramendy et David Usabiaga,

En avril 2007 au théâtre du Colisée de Biarritz, elle a donné la première du spectacle "La vie commence au mois d'avril" consacré à Guy d'Arcangues, avec le guitariste Albert Eyheramendy et deux artistes d'Escalazur.

Une visite sur son site s'impose: http://www.martine-caplanne.com


Martine est ici en compagnie de Margueritte Fouchet et d'Hélène Cadou (1988)


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Published by Baglin Michel - dans PORTRAITS
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