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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 18:58

« Cette vie, la porter... »

 

C'est un texte déjà ancien - il fait partie de « L'Obscur vertige des vivants » publié par le Dé bleu en 1993 - , mais qui connaît un regain de fortune. Après avoir été repris dans un manuel scolaire au Québec, le voilà qui me revient, par le Net via un courriel, mis en musique et chanté par Sam Telam (Didier Masmalet). Entre temps, d'autres personnes me disent l'avoir découvert ici où là, sur quelque fil de la toile... J'en suis ravi et du coup ne résiste pas à l'envie de faire connaître sa version musicale, que j'aime beaucoup.


Sam Telam

Clarinettiste et saxophoniste de formation, Sam Telam joue et chante les MPBs en s'accompagnant à la guitare depuis 20 ans. Aux côtés d'Eraldo Gomes (Bossa tres), Darcy Monteiro da Serrinha, Renato Vargas (O som do barzinho), Reinaldo Vargas, Renato de Resende, il apprend les codes et soluces de la MPB. A également joué dans ALMA avec Serge Lopez dans les années 80. Brassens, Ferré, Djavan, Caussimon, De Moraes, Martinho da Vila, João Bosco, Nougaro, Trenet, Jobim, Jorge Benjor, Moraes Moreira, Montand, J Donato, etc... sont dans ses cordes. Il se produit à nouveau actuellement sur Toulouse, Barrière de Paris, en proposant la formule « Graines de Samba » en solo avec sa guitare, sa voix, une boite à rythme et une sono.... C'est la rencontre de chansons de France et du Brésil sur les rythmes brésiliens : samba, partido alto, baião,funk, afoxé, frevo, etc... Chantées en français, anglais et brésilien. Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir les liens de Sam Telam : http://telsam.podemus.com/ et
http ://www.dailymotion.com/relevance/search/samtelam

Cette vie, la porter...

 Voici le texte intégral du poème.


Cette vie, la porter

jusqu'à l'incandescence

comme un bouquet fragile

d'étincelles sauvées

dont seul l'éclair fertile

aurait un peu de sens.

La porter comme un feu

au temps des hommes nus,

comme un noyau de braises

à transmettre à tous ceux

qui refont la genèse

en paradis perdu.

  

Cette vie, l'arpenter

d'un bon pas de marcheur

qui saurait cependant

qu'il peut se dérouter,

qu'il n'est ni lieu ni heure

pour arriver à temps.

L'arpenter ou flâner,

c'est selon la saison,

la manière qu'on a

de chercher l'horizon

et d'accorder son pas

au monde traversé.

  

Cette vie, l'enchanter

d'un sourire entrevu,

de ces bonheurs fortuits

du passant amusé

et des odeurs cueillies

par hasard dans la rue.

L'enchanter à l'envie,

à petits coups de cœur,

à petits coups de chance,

en quêtant l'âme sœur

ou la clarté d'enfance

dans un regard surpris.

 

 Cette vie, l'inventer

contre l'usure des mots,

les lèvres trop prudentes,

les gestes étriqués

et les rêves falots

qui nous lient dans l'attente.

L'inventer à propos,

puisque le cœur réclame

un peu plus de vertige,

un peu plus d'états d'âme

et que le chant exige

et la langue et la peau.

  

Cette vie, la jouer

un peu de jazz au ventre

pour panser la blessure

et que l'eau du large entre

délayer la saumure

des sanglots ravalés.

La jouer triomphante,

s'il le faut contre nous

quand la peur nous défait,

mais n'oublier jamais

cet abîme au-dessous

des ailes qu'on s'invente.

  

Cette vie l'éclairer

à la danse des flammes

sur une hanche nue,

aux feux de camp des femmes,

à l'étoile allumée

sur un visage ému.

L'éclairer d'allégeances

faites à la lumière,

à la terre, à la pluie,

au navire en partance,

à la fontaine claire

comme à l'alcool des nuits.

 

Cette vie, l'agrandir

par le corps réveillé,

l'infini paysage

qui nourrit le désir

de trouver un passage

et de reprendre pied.

L'agrandir par la mer,

par la vague et par l'aile,

par la voile et le vent.

L'inventer fraternelles

par les yeux grands ouverts

qui nous font plus présents.

  

Cette vie, la fêter

en allant jusqu'au bout

dans la paix et la fièvre,

ayant su la risquer

en se tenant debout

et la caresse aux lèvres.

La fêter en secret

en lui offrant son temps

et croire désapprendre

la peine et les regrets

en leur abandonnant

les jours tombés en cendre.


Michel Baglin 

 

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Published by Baglin Michel - dans POEMES
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