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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 00:14

Monnereau lâche le chien

"Les morsures de l'amour" 
de Michel Monnereau (La Table Ronde).  

Il en est que l'amour fait tourner en bourrique. Benjamin, le héros du troisième roman de Michel Monnereau, lui, c'est en chien qu'il se métamorphose, comme en un dernier retranchement, pour échapper à son épouse, son boulot et à la morosité de son quotidien. Et peut-être aussi, un peu, parce que « les chiens ont bien de la chance de pouvoir se balader à poil dans la rue »  et, accessoirement,  « de se chauffer les testicules au soleil. »

Drôle d'idée que d'opter pour la condition canine ? Sans doute ! Mais on comprend mieux quand notre bâtard avoue : « Je voulais être chien comme on rêve de devenir écrivain, quand il y a trop de phrases qui vous grouillent dans la tête et qui veulent à tout prix sortir prendre l'air sur une feuille de papier. » Voilà un bon prétexte en effet pour lancer un héros dans les rues, au ras du pavé, et un roman dans une succession d'aventures aussi cocasses que saugrenues. Car Benjamin va traverser cette manière de fable en regardant la vie par en dessous, passant de l'errance du SdF en maraude au confort du chien de luxe gâté par sa maîtresse d'adoption. Entre temps, il aura sillonné la France dans le camion d'un routier l'ayant pris en affection, goûté aux affres de la fourrière, connu les amours canines et souffert de l'ingratitude humaine.

On retrouve dans ce roman, mais avec encore plus de verve et de vivacité, l'humour souvent corrosif et un peu désabusé qui avait fait le charme et le succès de « Carnets de déroute » et de « On s'embrasse pas ? ». Si je ne me souvenais que Michel Monnerau est aussi poète (j'ai publié il y a 25 ans son très émouvant petit recueil, « L'amour interrompu » à l'enseigne de Texture éd.), ses inventions et ses bonheurs d'écriture me le rappelleraient à chaque page.
Car la qualité du style n'est pas le moindre mérite d'un livre qui sait faire sourire sans perdre son mordant. (240 pages. 19.50 euros)                                           M.B.







Michel Monnereau et sa compagne, Catherine Artigala, en visite au "Grand chêne", chez les Baglin (1994).
 

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Published by Baglin Michel - dans CRITIQUES
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