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Les soleils têtus 
de Bernadette Throo

 « Mais souviens-toi du Paradis » de Bernadette Throo. 
« Ce qui a été cesse-t-il jamais d’être ? » La question est inscrite, comme en filigrane, dans chaque poème de Bernadette Throo. Elle qui avait publié un premier recueil en 1956 chez Seghers, puis s’était tue 30 ans avant de se remettre à l’écriture avec « L’Après-toi », propose son sixième opus avec ce « Mais souviens-toi du Paradis ».
A l’heure de la confrontation avec le passé, cette poésie sans artifice, mais d’une profonde humanité, ne cesse de nous parler tout en ressuscitant des souvenirs personnels. Il y a bien sûr « ces morts qui bougent en nous », des mélancolies de jardins à l’approche de l’hiver, de la neige, des « mots hors saison » et un silence habité de beauté et de solitude. Il y a, oui, cette terrible prégnance du temps quand « d’ailes mortes vos pas s’entravent », et quand le poème s’écrit « sur fond noir ». Pourtant, par l’attention portée à tout ce qui vit, tremble et perdure, il y a aussi, et un peu partout dans ces pages « du printemps volé », de la lumière jusque dans les nostalgies les plus poignantes. « Pour entrer aux mois les plus noirs / il faut se faire une âme claire / abriter en soi des soleils têtus », estime Bernadette Throo. Elle les allume contre le froid et « l’hiver aux dons obscurs et méprisés » à force de justesse, de densité (Ah cette notation : « De moi / vous n’aurez rien deviné / que le moindre » !), au bout d’une lucidité qui est aussi une forme de loyauté envers un monde malgré tout « délectable ».

MB
Sac à mots éditions. 64 pages.


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