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Mardi 13 novembre 2007
Etude publiée en 2004
Pierre Gabriel, entre lumière et cendre
 Pierre Gabriel est décédé il y a dix ans, l'année même où lui fut décerné le Grand Prix de poésie du Mont-Saint-Michel couronnant l'ensemble de son œuvre. Une œuvre maintes fois distinguées (par les prix Voronca, Artaud, Apollinaire) et qui s’est augmentée ces derniers temps de plusieurs recueils posthumes, tels « La Vie en gage » et « Où ta demeure voyageur ? » aux éditions de L’arrière-pays (1), « Le cheval de craie » au Dé bleu (2), « L’Amour même » chez Voix d’encre (3) ou « Seule mémoire » (réédition augmentée de textes critiques) aux éditions Le Vert sacré (4).
L'intérêt que ne cesse de susciter l'œuvre de Pierre Gabriel explique que ce dernier éditeur ait accompagné ce recueil d'une suite d'études réunies sous le titre de Le Pays Gabriel et apportant leurs lumières sur cinquante ans d'écriture. Outre la préface de Gaston Puel, des pages de Christian Hubin, Luc Bérimont, Robert Sabatier, Jean-Vincent Verdonnet, Joseph-Paul Schneider, Max Alhau, Eric Dazzan, etc. contribuent ainsi à la compréhension d'une poésie qui ne cesse d'osciller entre l'angoisse et l'espoir.
Pierre Gabriel était un homme réservé, d'une timidité qu'il avouait parfois comme pour s'excuser de n'être pas plus disert sur sa propre création. Mais son oeuvre parlait pour lui. Elle débute en 1948 avec « Saisons de notre amour », inaugurant une suite de nombreux recueils jalonnant sa quête. Citons: « La Vie sauve », « La Main de bronze », « Le Nom de la nuit », « Lumière natale », « La Seconde Porte », (la plupart chez Rougerie) ou ce beau recueil destiné aux jeunes : « Chaque Aube tient parole ».
Pierre Gabriel était également prosateur. Il avait publié en 1976 « L'Ormeau », un roman où il racontait son enfance et sa complicité avec un arbre, son enracinement dans cette terre d'Armagnac dont il fit peu à peu son pays, lui qui était né à Bordeaux. Il y dirigea même une distillerie, c'est dire s'il savait goûter tout le suc de cette terre et de ses fruits... Peu après paraissait un autre roman, « Une Vie pour rien », d'une écriture beaucoup plus concise et sèche, le sujet (la guerre d'Algérie) imposant un sentiment de déréliction à son héros. Enfin, il écrivit des nouvelles, dont le fantastique sert souvent de révélateur à la solitude des personnages, réunies sous le titre du « Serpent bleu » (prix Prométhée en 1988).
 Un vieux monde rongé de nuit
 
Mais c’est essentiellement par la poésie que s’est imposée la voix d'un homme répondant à l'angoisse par la générosité d'une parole cherchant sa vérité et son levain sur « la route qui prend source au plus noir de la nuit ».
J'ai parlé de quête. Christian Hubin, dans le livre qu'il a consacré à Pierre Gabriel (5), la définit comme « poésie d'attente et d'interrogation ». Plus précisément, il écrit : « Cette poésie-là sait que sa grandeur est de composer avec le silence. Son art, grave et dépouillé, s'enracine à la fois dans la pesanteur amoureuse du concret et dans la spiritualité qu'il y pressent. »
Pesanteur amoureuse du concret, car Pierre Gabriel aimait « cette terre à peupler de présence », il célébrait « intacte et nue, la vie, sa flamme brève » et sa poésie est imprégnée de compassion pour ses semblables, hommes incapables d'imaginer, – ou d'accepter – la mort, leur finitude, « cette plaie qui ne guérira pas ».
Sa poésie est aussi, est surtout, pétrie d'inquiétude. Elle interroge « tout l'invisible emprisonné dans le réel » et, dans « un vieux monde rongé de nuit », cherche une lumière. Pressentie, parfois approchée, mais qu'il ne peut ou ne croit pas nécessaire de nommer. Peu importe d'ailleurs : en s'avançant dans l'obscurité, il témoigne de tout le pathétique de nos élans confrontés au « mutisme des dieux ».
 
Les recueils posthumes
 L’inquiétude se retrouve dans les recueils posthumes. Tel « La Cinquième Vérité » qui reprend quelques poèmes de « La Vie sauve » et la plupart des textes de « La Main de bronze », mais comporte aussi de nombreux inédits, écrits probablement dans la période où l'auteur luttait contre la maladie. Ceux-ci ne sont pourtant pas désespérés, mais traduisent le tourment, l'interrogation métaphysique perpétuelle d'un homme qui avait choisi la poésie comme « chemin menant vers l'intérieur » (il faisait volontiers référence à Novalis) et, sans doute, vers une lumière transcendant les désordres du jour. La cinquième vérité pouvant s’entendre comme ce qui reste quand on a dit à quelqu'un ses « quatre vérités »: la part qui échappe aux analyses et aux injonctions. Celle qu'on ne réduit pas. Aussi simple peut-être que « le dérisoire bruit du sang ». Aussi irréductible sans doute que l'espoir, quand « chacun de nos rêves s'accroche à son éternité ».
Avec « La Vie en gage » et contre « l'éphémère destin, le hasard aux yeux clos, le terrifiant hasard », la poésie de Gabriel continue d'interroger « d'invisibles empreintes à la surface d'une vie », la présence sourde de l'énigme, une autre réalité peut-être, lovée dans le silence, à travers une intuition platonicienne : « Chaque image, ici, n'est que l'ombre trompeuse d'une autre, et son secret profil demeure à jamais invisible ».
Dans Où ta demeure, voyageur?, et derrière la parabole de celui qui fait avancer le temps en marchant vers l'inconnu sur des sentiers de nuit, dans une « errance aveugle », on retrouve l'interrogation métaphysique. « Tu vas, porté par le souffle des mots, / toujours plus avant vers l'énigme / du silence qui les suscite.» Silence qui est fait de mystère et reste cependant à conquérir, peut-être à force de dépouillement : « Laisse grandir en toi / au terme de l'ultime étape / ce silence qu'il fait soudain / sur la terre de tous les jours / (...) Seul ce silence est vrai, / il parle par ton sang, / te mêle à sa lumière, / respire avec le temps
Pierre Gabriel évoque souvent une lumière cachée, une « lueur » qui figure l'espoir et qui pourrait être interprétée dans un sens religieux, bien que sans référence explicite (« Ne grave pas le nom », recommande-t-il, comme si le verbe éloignait, figeait, tuait ce qu'il désigne). Mais cette lumière n'est peut-être que celle d'une paix espérée, d'un accord avec soi-même à conquérir : « Demeure en deçà des paroles / fouille en toi plus profond, / jusqu'à cette lueur qui tremble ». Car le voyageur ne sait rien de son chemin, ni de lui-même, il « ne peut (se) rejoindre » : « Tant de reflets sous tes paupières / te rendent aveugle à toi-même ». Dans un monde où tout est promis et refusé, sa soif est probablement celle d'une identité retrouvée au-delà du nom et des masques, d'une vie unifiée en un seul souffle, de l'enfance à la mort.
« Cette soif - toujours la même - / qui te ronge, t'étreint, te taraude / comme une plaie jamais fermée / sauras-tu l'apaiser sans la perdre ? » se demande Gabriel, en quête de ce qui « unit la lumière à la cendre » et qui est la vie même « brûlant au cœur de son propre mystère ». Paradoxe de la poésie : ce qu'il cherche et qu'il ne nomme pas est au-delà du langage, mais c'est pourtant au poème (« un jour, tu es entré dans la clarté des mots ») qu'il demande de l'approcher.
Écrits à la fin de sa vie (ils sont datés du CHU de Rangueil où le cancer l’emporta en juillet 1994), les poèmes de « Matin premier » n'en veulent pas moins être chant du monde et de l'amour. Sans doute, et comme toujours chez Pierre Gabriel, est-on une fois encore confronté à «cette mort en nous déjà vivante / qui par nos propres yeux / soudain nous dévisage ». Mais elle incite à réveiller « cette vie en nous plus que jamais vivante / qui ne cesse de sourdre au creux de notre nuit / comme le sang secret qui bat sous notre sang », cette vie « que chaque instant / de mort attise davantage ». Ainsi les contraires se rejoignent-ils, participant les uns des autres et d'une sève renouvelée.
Poète du mystère de la force vitale et de la lumière inextinguible, il est aussi celui de la confiance renaissant sans cesse de ses cendres, « car nous avons pesé le ciel, et l'herbe, et la parole. / Le jour nous réunit, la terre est notre sauvegarde ». Grâce est donc rendue à celle par qui toute chose « devient souffle, et couleur, et prodige », femme qui offre le monde et réconcilie: « Te voici dans ma main, fruit de chair que j'arrache à l'arbre de sagesse.» Même la parole est alors reconquise : « Nous tenterons de dire / à la place du temps ce que le temps / cachait, l'humble bonheur d'aimer / jour après jour ce qui nous quitte, / de préserver sous les traces du vent / chaque parole et son écho perdu, / de devenir - qui sait ? - notre propre réponse ». Et même la lumière, « par-delà cette nuit qui n'était nuit qu'en nous »: ainsi s'achève le dernier poème du recueil de Pierre Gabriel : « Nous guettons de confiance, / là-bas, déchirant l'océan, / Notre premier soleil. / Le vrai soleil qui va nous engloutir
 
Seule mémoire, qui obtint le prix Artaud en 1967, est peut-être un des recueils de Pierre Gabriel où ses thèmes apparaissent le mieux dans leur imbrication. La nuit, bien sûr, dès l'ouverture renvoie à la condition humaine qui constitue la matière même d'une œuvre qui se confronte continuellement à l'obscurité du mystère et à l'angoisse d'être : «Je n'en ai pas fini de nommer ce qui meurt / à chaque battement d'un cœur qui me fait mal.»
A cette gravité, répond celle de l'amour : «Je recevais de toi le don d'être moi-même ». Accord trouvé, retrouvé, avec la femme et le monde : « La nuit ne peut plus rien si ma main se referme / sur la paix d'une pierre où s'attarde la mer. » Ainsi le temps s'abolit et, dans la « nuit natale », la lumière ouvre alors un chant qui est aussi d'espérance.
La mémoire, cette « eau vivante qui dort », est en quelque sorte reconquise et prend la place de « l'âme errante » livrée à la seule contingence. Car la mémoire rend les richesses d'une vie, la sauve, mais surtout permet à l'homme de pressentir « sa multiple unité ». Alors sans doute, à travers une durée presque apprivoisée, l'immersion dans le temps des origines et une enfance célébrée, peut-il approcher une forme de l'identité toujours fuyante et pathétiquement recherchée : « cette voix qui vous manque / et parle à votre place ». La mort elle-même perd un peu de son tragique : « Je glisserais vers cette nuit natale / où l'âme habiterait la fraternelle voix / qui chantait à ma place en mémoire de moi. » Tant il est vrai que « nulle voix près de se taire ne renonce à sa lumière ».
Pour qui le connaissait un peu, il n'était pas difficile de retrouver Pierre Gabriel dans ses livres. Le poète donne sa vie en gage d'authenticité. Son oeuvre est forte, durable, parce qu'il n'a jamais triché. Rebelle en ce qu'elle « tient tête au silence, à l'oubli », au temps, elle est aussi célébration de la vie, de la rondeur des jours, quand « chaque aube tient parole ». Qu'on pense à beaucoup de ses titres, depuis « Saisons de notre amour » jusqu'à cette « Route des Andes » éclairée par l'ouverture aux autres en passant par « Chant de noces », « L'Amour de toi », ou « La vie sauve », et l'on mesure combien cette poésie grave n'est certainement pas désenchantée.
Pierre Gabriel qui est allé souvent au plus secret de son lecteur, là où se tient « intacte et nue, la vie, sa flamme brève », a dit et répété cette chose simple et vraie : l'homme reste un enfant qui a peur de la nuit et besoin d'amour pour grandir, pour être, pour donner. Donner, comme il a su le faire dans sa vie, par son amitié et son action – je pense ici notamment aux cahiers de poésie, Haut Pays, qu'il imprimait lui-même sur sa presse à bras pour donner à lire les auteurs qu'il aimait – et par son oeuvre. Ses poèmes sont, au fond, semblables à ces graines dont il écrivait que « la plus infime (...) pèse plus lourd que des millions d'étoiles » parce qu'elle est grosse d'espoir. Un espoir qui résiste dans toute son oeuvre et l'illumine et qu’il me semble entendre encore dans ces vers où il fait, en somme, la part du feu : « A tout instant se dire que le temps ne dissout de soi que la cendre ».
Michel Baglin
 
(1)     L’Arrière-Pays. 1, rue de Benuwihr. 32360 Jégun.
(2)     Le Dé bleu. 8310 Chaillé sous les Ormeaux
(3)     Voix d’encre.BP 83. 26202 Montélimar cedex.
(4)     Le Vert sacré. Les Bordes. 86340 Nouaillé. .
par Baglin Michel publié dans : CRITIQUES
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Mardi 23 octobre 2007
Anthologie de la poésie française
(Editions Larousse)
 
Jean Orizet, poète lui-même, romancier et critique, signe cette volumineuse anthologie (1088 pages. 22 euros) qui propose un panorama de la poésie française, de la Chanson de Roland aux jeunes poètes contemporains. 1000 ans donc, et quelque 350 auteurs dont les poèmes sont donnés à lire et qui sont présentés chacun en une courte notice.
Outre l’introduction générale, chaque période est présentée dans une introduction éclairante qui met la création poétique en perspective et l’inscrit dans son contexte historique et culturel. De « la grande clarté du Moyen Age » à « Les poètes entre guerre et tumulte » en passant par « du baroque à la préciosité », « La crise de la poésie au siècle des Lumières » ou « L’éclatement moderne », on peut se plonger dans une lecture chronologique et roborative ou préférer grappiller parmi les quelque 600 textes offerts à nos fringales poétiques.
Pour la période contemporaine, le choix des auteurs retenus pourra toujours faire débat, c’est le lot de toute anthologie, mais on peut accorder à Jean Orizet, co-fondateur et directeur de la revue Poésie 1, qu’il connaît très bien le sujet et qu’il sait accorder sa place à la toute jeune génération, celle d’une Valérie Rouzeau ou d’un Christian Viguié, par exemple.
Enfin, ce livre n’oublie pas tout ce que la poésie francophone doit aux poètes d’Afrique, des Antilles, du Maghreb, du Québec, de Belgique ou de Suisse… Et qui constitue en effet un gros chapitre.
par Baglin Michel publié dans : CRITIQUES
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Samedi 11 août 2007
Lire Jean Breton
 
Le décès de Jean Breton en septembre dernier fait un réel vide dans le paysage poétique. Je l’ai appris avec peine et tardivement, dans une revue. Beaucoup de jeunes poètes comme moi ont trouvé force en lui, dans son manifeste (signé avec Serge Brindeau en 1964), Poésie pour vivre, le manifeste de l'homme ordinaire (je lui dis toute ma dette dans Poésie et Pesanteur), dans ses poèmes, dans son attitude. Force pour résister aux modes, singulièrement appauvrissantes alors, et pour oser une certaine simplicité de la parole, de la sensualité, une poésie de l’émotion réhabilitée.
Mais nous lui devons aussi des coups de pouce, des encouragements, des publications. C’est mon cas. Nous nous sommes parfois croisés, d’autres fois vus plus longtemps comme en 1989, lorsqu’il m’avait présenté (une présentation très fouillée, riche) à la Maison de la poésie à Paris, ce qui nous avait donné l’occasion de dîner ensemble. Il m’envoyait tous ses livres, et nous restions en relation par lettres. Et sa poésie, charnelle, ensoleillée, sans oublier d’être intelligente et critique, me paraît être une des plus assurées dans les voix contemporaines. Mais c’est bien sûr surtout le sentiment d’avoir perdu un ami qui m’attriste. 
 
La Mémoire, le sable
Je retrouve un compte rendu de lecture de La Mémoire, le sable (Librairie-Galerie Racine éd.) que je lui avais consacré dans Poésie 1- Vagabondages (n°25) en mars 2001. La voici :
 
« Il m’a suffi de te voir pour savoir parler du monde » ou « On s’approche d’une fontaine. Cette voix si fraîche, comment ne pas vouloir s’en couvrir le visage ? » : ainsi s’écrit ce recueil de notations, d’aphorismes, de considérations brèves et parfois proches du poème en prose, voire du haïku, qui constitue, après Un bruit de fête, le deuxième tome du journal de Jean Breton. Comme un journal en effet, il mêle l’éphémère et l’intemporel, sans que l’on puisse d’ailleurs savoir ce qui du sable fera mémoire, tant l’essentiel souvent ne tient qu’au fil apparemment anodin de l’émotion qui passe…
L’auteur de Chair et soleil et de L’Eté des corps, s’y montre toujours aussi attentif à l’amour, fasciné par la femme, convaincu que tout sens procède de la sensualité et que la poésie nous est aussi nécessaire que l’air et l’eau pour exister à hauteur d’homme. Lorsqu’il affirme : « je n’ai eu qu’un moteur – la poésie, valeur inclassable – qui ajoutait un plus à l’homme ordinaire que je refusais de gommer en moi », on se souvient qu’il fut avec Serge Brindeau l’auteur d’un essai en forme de manifeste, Poésie pour vivre, qui a probablement influencé un grand nombre de poètes contemporains en les persuadant que la poésie du sensible était aussi celle du partage. Et qu’elle était à chercher dans notre ordinaire, à insuffler dans notre quotidien.
Un enthousiasme qui n’exclut évidemment ni la gravité ni la réflexion, un formidable appétit des sensations et des corps, une ivresse renouvelée d’être au monde (« Le vertige se partage comme l’alcool », dit-il) sont le leitmotiv de ce journal qui est comme l’autre versant de son dernier recueil, en forme d’hymne à la jubilation des peaux et des cœurs, et de festin érotique, Nus jusqu’au cœur (La Bartavelle éd.). Il conduit la même quête d’amour solaire, de sens et de fusion avec l’autre, en faisant mentir le vers désespéré de Lucien Becker (« Tu ne peux pas aller plus loin que mon corps ») : il répète que l’amour et l’érotisme, qu’il faut toujours confondre, veulent justement qu’on s’abandonne à ce vertige d’aller plus loin, d’être homme de chair, d’inquiétude et de soif, éperdu de mots et de partage.

La revue "Les Hommes sans épaules" qu'il dirigea, lui consacre son n° 22 (17 euros. Librairie Galerie Racine. 23 rue Racine. 75006 Paris) lgr@wanadoo.fr

par Baglin Michel publié dans : CRITIQUES
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Jeudi 9 août 2007
Pain, Adour et fantaisie, par Abdelkader Djemaï
(Editions du Castor Astral)
 
Ces petits récits et chroniques sont un peu des « Lettres persanes » d’aujourd’hui, concernant un coin de Bigorre vu par un oriental malicieux. Auteur de romans (« Camping », « Gare du Nord », « Le nez sur la vitre », tous au Seuil) et de nouvelles, Abdelkader Djemaï, Algérien natif d’Oran, vit à Paris depuis une dizaine d’années. Il est membre du prix Prométhée de la nouvelle et, à ce titre, se rend à la remise du prix qui se déroule à Lourdes chaque année en octobre. Sa grande facilité à lier contact avec tous et sa jovialité lui ont très vite ouvert les portes de nouveaux amis. Ainsi est née l’idée de cette résidence en Bigorre initiée par Guy Rouquet, le président de l’Atelier Imaginaire (organisateur du prix), et qui valut à notre auteur de séjourner à plusieurs reprises en divers lieux ou « pays » de Bigorre et à toutes les saisons.
De cette immersion en pays de montagne, dans les rues de Tarbes, Lourdes et Bagnères, mais aussi dans les archives, les journaux locaux, les mémoires et les cœurs des gens rencontrés, Djemaï a tiré ces chroniques à la fois très précises et poétiques, mêlant récits et notations, émotion et humour. On y croise le Jean Paulhan des « Fleurs de Tarbes » aussi bien qu’Yvette Horner ou que les cyclistes s’étant illustrés dans les cols pyrénéens, les ouvriers tarbais de l’Arsenal, les joueurs du Football club lourdais et du Stade bagnerais. On y boit le madiran, on y mange le porc noir et la garbure. Tout cela vu avec l’œil un peu décalé du « pimpous » mais aussi une grande complicité avec les êtres et même les choses. Djemaî s’amuse parfois à jouer au guide touristique, il est surtout le chroniqueur du temps qui passe, et des gens humbles saisis dans leur quotidien plein de profondeurs. Il sait mélanger avec de bonheur ses propres souvenirs de l’Algérie à ses impressions de séjour en Bigorre et c’est en ami qu’on chemine avec lui dans ses phrases.
(Le Castor Astral. 136 pages. 13 €)
par Baglin Michel publié dans : CRITIQUES
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Jeudi 19 juillet 2007
Livres de Michel Baglin
 
Les pages tournéessuivi de L’Adolescent chimérique et de L’Etranger, poésie(Fondamente éd.) 2007
Les Chants du regards, Poèmes sur 40 photographies de Jean Dieuzaide (éd.Privat) 2006
Lettre de Canfranc, récit(Rhubarbe) 2005
L'Alcool des vents, poésie(Cherche-Midi) 2004
Entre les lignes, récits (La Table Ronde) 2002
Un sang d'encre, roman (N&B) 2001
La Perte du réel, des écrans entre le monde et nous, essai (N&B) 1998
L'Obscur Vertige des vivants, poésie (Le Dé bleu) 1994
Des Ombres aux tableaux, nouvelles (SPM) 1994
Poésie et pesanteur, essai (Atelier du Gué) 1984, réédition augmentée en 1992
Lignes de fuite, roman (Arcantère) 1989.
Les Mains nues, poésie (L'Age d'homme) 1988. Préface de Jérôme Garcin. Prix Max-Pol Fouchet 1988.
Ruptures, nouvelles (Texture) 1986
Quête du poème, poésie (Texture) 1986
Le Ghetto des squares, nouvelles (Soc et foc) 1985
Jour et nuit, poésie (Le Pavé) 1985
François de Cornière, essai (Atelier du Gué) 1984
L'Innocence de l'ordre, nouvelles (Atelier du Gué) 1981
L'Ordinaire, poésie (Traces) 1977
Masques nus, poésie (Chambelland) 1976
Déambulatoire, poésie (Chambelland) 1974
 
 
Collectifs
 Raffuts, Recueil collectif. (Le Corbeau éd.) 2006
Sang pour sang Toulouse, Recueil collectif. (Le Corbeau éd.) 2001
Quelques songes de Prométhée, Recueil collectif. (Ed. Du Rocher.) 2001
Toulouse sang dessus dessous, Recueil collectif. (Loubatières éd.) 2001
13, rue Carençà Roman collectif. (Ed. du Ricochet) 2000
Garonne en Pays toulousain Album collectif. (Ed. La Part des anges) 2000
 
 Participation à de nombreuses revues et anthologies (NRF, Ecole des loisirs, Vagabondages, L'Age d'Homme, Poésie 1, Sud, Brèves, Europe, Le Journal des Poètes, livres scolaires au Québec, anthologie en Roumanie, etc.)
Membre du jury international du prix Max-Pol Fouchet.
Membre du comité de rédaction de la revue Poésie 1.
Membre du comité de lecture des éditions Privat.
 
par Baglin Michel publié dans : baglinmichel
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